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PROGRAMME DES

COURS 2007-2008

Les cours ont lieu

les mercredis de 14h à 17h

Mairie de Montreuil

 

 

 

Cycle 1 : Le conflit de la philosophie et des religions 

Cycle coordonné par Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie, faculté de Paris.

 

§        Bayle et la suspension critique du jugement

21 novembre 2007

Cours animé par Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie, faculté de Paris.

 

De Descartes et Bayle à Kant, Husserl ou Wittgenstein, la philosophie a toujours proposé des règles de clarté et d’articulation pour orienter et diriger ses pensées par soi-même, de façon autonome. On peut établir le sommaire de ces règles. Mais pour saisir ce geste critique essentiel aux Lumières, il faut comprendre comment la pensée cherche à explorer les frontières du scepticisme et du dogmatisme, les limites du croire, du savoir et du douter. 

 

  

§        Rousseau et le nœud du théologico-politique

28 novembre 2007

Cours animé par Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie, faculté de Paris.

 

En relisant Paul et Augustin, Machiavel et Calvin ont tenté, de façon différente, de penser la séparation du politique et du religieux et leur réarticulation nouvelle qui prépare l’Etat moderne. Hobbes, Spinoza et de façon exemplaire, Rousseau, proposent des solutions diverses à cette question. Mais la résistance au nazisme (Karl Barth) et aujourd’hui le terrorisme religieux, ont rouvert la question de savoir où réside la souveraineté. 

 

 

§        Leibniz, cosmologie évolutionniste et gloire de Dieu

5 décembre 2007

Cours animé par Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie, faculté de Paris.

 

Depuis la Renaissance évangélique jusqu’à Pascal les penseurs classiques n’ont cessé d’affirmer que la connaissance scientifique et la reconnaissance de la gloire divine ne sont pas du même ordre. Pourquoi alors le conflit entre les sciences et les religions ? Pour penser cette question de l’unité du monde, des auteurs divers comme Leibniz, Bergson et Whitehead ont tenté de faire place au temps, à la durée.

 

 

§        Ricoeur, la religion comme langue et traduction

12 décembre 2007

Cours animé par Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie, faculté de Paris.

 

Il n’y a pas plus de langue universelle que de religion universelle et les langues aussi ont leur génie, leur histoire et leurs hérésies. Cette idée, d’abord développée dans la philosophie allemande, mais aussi dans une tradition de pensée juive diversement illustrée par Rosenzweig, Levinas et Derrida, pose le problème de la traductibilité. Les religions seront-elles mutuellement capables de cette « hospitalité langagière » dont parlait Paul Ricœur ?

 

  

Cycle 2 : Le mort : approche anthropologique 

 

 

§        La mort en islam et ses sources ante-islamiques

30 janvier 2008

Cours animé par Mahmoud AZAB, professeur de civilisations sémitiques et islamiques à l'Institut national des langues et civilisations orientales

 

Chaque religion a sa manière d’envisager la mort, les funérailles et l’au-delà. Peut-on parler de la mort en islam, d’une littérature connue et reconnue dans le monde musulman ? Si le terme « mort » et ses dérivés apparaissent 160 fois dans le Coran, le terme « vivre » y figure 179 fois. On observe ainsi une correspondance de la dialectique coranique entre vie et mort. La mort n’est qu’un pas sur le chemin de la vie humaine. En abordant la résurrection, le deuil, la visite des morts mais aussi le suicide, le jugement dernier, la récompense ou encore la vie éternelle, ce cours s’attachera a démontrer que la mort n’est pas une punition.

 

 

§        Funérailles et sécularisation : les cérémonies funéraires au cimetière du Père Lachaise

6 février 2008

Cours animé par Jacques de Vathaire, responsable des célébrations funéraires au cimetière du Père Lachaise. Depuis trois ans, Jacques de Vathaire anime des célébrations funéraires, avant crémation. Elles ont un caractère tantôt plus, tantôt moins religieux.

 

Ces cérémonies correspondent à des demandes diverses de l’entourage du défunt : un rite conformiste, un souci de respectabilité humaine et sociale, un besoin de spiritualité, de poésie, une demande de religion, un acte de foi ou un peu de tout cela en même temps. En général, l’assistance n’a de contact avec l’église que pour des funérailles. Il s’agit de réaliser, en moins d’une demi-heure, une cérémonie qui ait un sens par rapport à la vie du défunt, pour ceux qui viennent l’accompagner et qui souhaitent y participer.

A partir de cette expérience acquise au cours de centaines de célébrations, Jacques de Vathaire présentera les différents rituels variables et adaptables aux différentes assemblées. 

 

§        Les rituels juifs et le sens de la mort

23 février 2008

Cours animé par Daniel LINDENBERG, professeur de sciences politiques à l’université de Paris VIII Saint-Denis.

 

 

§        Les représentations du mort dans l’art occidental– La peinture et la mort

20 février 2008

Cours animé par Bruno STREIFF, historien d’art, metteur en scène d’opéras, essayiste, romancier.

 

« La représentation de la mort en peinture rappelle que le temps de l’homme est limité. Mais de la mort de l’homme à celle de Dieu, il n’y a qu’un pas que les peintres franchissent. Peu à peu Dieu se pare des attributs de sa créature : dans les pigments des peintres il devient matière. En fin de compte, l’homme a fait Dieu à son image. »

 

 

 

Cycle 3 : Femmes et religions 

 

 

§        La place des femmes dans l’islam

19 mars 2008

Cours animé par Mahmoud AZAB, professeur de civilisations sémitiques et islamiques à l'Institut national des langues et civilisations orientales.

 

 La femme dans l’islam ? Mais dans quel islam ? Quand et où ? Dans quelle culture islamique ? Dans les textes fondateurs ? La sunna ou les traditions du prophète ? Quelles interprétations faire des exégèses du Coran ? Ce cours permettra de mieux en percevoir les influences culturelles au travers d’une étude comparée avec l’Ancien Testament.

 

§        De Sara et Agar à la reine de Saba : quelques trajectoires de figures féminines bibliques

26 mars 2008

Cours animé par Corinne LANOIR, professeur, docteur en exégèse d’Ancien testament, directrice du centre culturel d’Agape, Italie.

 

« Il s’agit ici de lire quelques textes bibliques évoquant des personnages de femmes traversant des frontières (Hagar, Rahab, reine de Saba), frontières littéraires, sociales, idéologiques, morales et religieuses, en suivant leur parcours dans différentes traditions, du judaïsme au christianisme et éventuellement à l’islam. 

 

 

§        La place des femmes dans le judaïsme

2 avril 2008

Cours animé par Joëlle ALLOUCHE-BENAYOUN, docteur en psychologie sociale, maître de conférence hors classe à l’université Paris XII Val de Marne.

 

Après une présentation historique de la place des femmes dans le monde juif, des grandes figures de la Bible aux salonnières de Berlin au 19ème siècle, aux responsables politiques et syndicales, aux savantes et aux écrivaines du 20ème siècle, ce cours s'attachera à analyser la place des femmes juives dans le monde juif aujourd’hui à partir des questions liées au statut personnel (mariage, divorce, filiation). 

 

 

§        Femmes autour de Jésus

9 avril 2008

Cours animé par Corina COMBET-GALLAND, professeur de Nouveau Testament à la Faculté libre de théologie protestante (Paris), membre du réseau de recherche en analyse narrative des textes bibliques (RRENAB)

 

 

Cycle 4 :  Manger – Les rites alimentaires

 

 

§        Les « lois alimentaires » dans le judaïsme

14 mai 2008

Cours animé par Daniel LINDENBERG, professeur de sciences politiques à l’université de Paris VIII Saint-Denis

 

Le judaïsme normatif est un système de « commandements » (en hébreu mitzwoth), ainsi appelés parce qu’ils prescrivent ou interdisent un certain nombre d’actes ou de comportements. L’ensemble constitue la « Loi » dite « mosaïque » (Tora). Parmi ces commandements « négatifs » ou interdits, beaucoup concernent les aspects les plus concrets ou les plus ordinaires de la vie humaine. La cashrouth (du mot hébreu casher qui signifie « adéquat ») ne concerne donc pas seulement ce qui est « licite » en matière d’alimentation, mais concerne un domaine beaucoup plus vaste qui organise la vie quotidienne du juif observant la Loi. Mais les « lois alimentaires » sont, de loin, celles qui sont le plus astreignantes et, de plus, introduisent une différence visible entre le mode de vie des israélites et celui d’autres confessions. Le cours en décrira le système, qui remonte au « Pentateuque », et aussi la connexion avec des notions « philosophiques » essentielles au judaïsme (« Pureté », « Sainteté »). On conclura sur une brève comparaison avec des équivalents dans d’autres religions (islam) et sur les justifications modernes (hygiène, écologie). 

 

 

§        Les pratiques du jeûne dans les religions

21 mai 2008

Cours animé par Joëlle ALLOUCHE-BENAYOUN, docteur en psychologie sociale, maître de conférence hors classe à l’Université Paris XII Val-de-Marne et Louis HOURMANT, chargé de cours  à l’université Paris XII- Créteil-Val de Marne et à l’Université de Marne-la-Vallée. Membre du Groupe de sociologie des religions et de la laïcité (CNRS - GSRL)

 

Dans la première partie du cours, Joëlle Allouche-Benayoun présentera les différents jeûnes auxquels doit se soumettre un Juif pieux,  analysera leurs significations et leur résonance dans le monde juif actuel. Qu'ils aient été prescrits dans la Torah ou par prescriptions rabbiniques, les jeûnes dans le judaïsme ont comme fonction de contraindre les individus à prendre conscience des dimensions spirituelles, historiques et sociales de leurs actions. Ce n'est pas seulement un outil moral personnel, c'est aussi un outil collectif de tout le peuple. Ce n'est pas une technique de diététique, ni d'ésotérisme.

 

Dans la seconde partie du cours, Louis Hourmant présentera les différentes conceptions religieuses asiatiques – hindouisme, jaïnisme, bouddhisme – sur le jeûne ainsi que leur évolution, en distinguant notamment les pratiques des moines ou des prêtres et celles des laïcs. Au sein du monde religieux hindou, le jeûne s’inscrit dans la panoplie des pratiques ascétiques. Un des gestes fondateurs du bouddhisme est l’abandon par le Bouddha des pratiques extrêmes, celles des renonçants indiens, dans le but d’atteindre l’Eveil. Dès lors, la place du jeûne pour les moines bouddhistes prend une autre signification : contrôler les passions. A une époque plus tardive, des ascèses radicales, incluant parfois le jeûne jusqu’à la mort, vont réapparaître dans certaines écoles du bouddhisme sinisé, notamment au Japon. 

 

 

 

§        La place du végétarisme et des interdits alimentaires dans les religions asiatiques

28 mai 2008

Cours animé par Louis HOURMANT, chargé de cours  à l’université Paris XII Val-de-Marne et à l’Université de Marne-la-Vallée. Rattaché au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité (CNRS - GSRL)

Les religions asiatiques sont souvent considérées en Occident comme des religions où règne le régime non-carné et le végétarisme moderne qui se justifie d’arguments hygiéniques et/ou compassionnels se réfère parfois au bouddhisme comme à un précurseur. En réalité, les textes bouddhistes interdisent seulement de consommer la viande d’un animal pour lequel on a une responsabilité directe dans sa  mise à mort. Quant aux pratiques réelles des moines (pour ne pas parler de celles des laïcs), elles s’avèrent fort variables selon les traditions et les pays et parfois fort éloignées de cette représentation d’une religion non-carnée .

Le cours examinera les points de vue des religions asiatiques sur la question de l’interdit de l’alimentation carnée, s’interrogera sur les finalités différentes de cet interdit selon les traditions considérées et prendra en compte l’écart entre les textes sacrés et les pratiques réelles. 

 

 

§        De la différence alimentaire : le pur et l’impur

4 juin 2008

Cours animée par Françoise SMYTH, professeur d’exégèse biblique et de langues du proche Orient à la faculté de théologie protestante de Paris.

 

Dans l’Antiquité grecque, les viandes sacrifiées et partagées désignent l’homme, ni dieu ni bête, et bientôt la solidarité citoyenne. Au Vème siècle avant l’ère chrétienne, menacés de dilution dans la culture dominante de l’Empire perse, les peuples du Proche-Orient s’entourent chacun d’une haie de pratiques alimentaires particulières. Faute de temple national, de roi et de pays propre, on y joue son identité. Le corpus biblique en cours d’élaboration présente un ensemble de règles définissant le licite et l’illicite dans la société juive. A l’abri de ces frontières virtuelles, se pense une logique binaire du pur et de l’impur ; on y lira l’expression d’un rapport au monde où s’ordonnent le sacré et le profane, le vivant et le mort, le « bien crée » et la menace du chaos, peut-être l’unicité du dieu national puis universel en question, en tout cas l’affirmation d’un « nous » par opposition aux « autres ». 

 






Centre d'étude du Fait Religieux